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J.-H. Rosny

Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)

23 Novembre 2014, 23:20pm

Publié par Fabrice Mundzik

"Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800", d'Hubert Mattey, fut publié en 1915 par la librairie Payot.

Je me suis plongé dans cet ouvrage grâce à Jean-Luc Boutel, qui l'a évoqué dans Le Club des Savanturiers. Le contenu de cet essai est très intéressant, mais je vais me limiter aux entrées qui concernent les frères J.-H. Rosny.

Si vous souhaitez le lire dans son intégralité, Jean-Daniel Brèque a signalé sa disponibilité sur archive.org : Essai sur le merveilleux dans la littérature française depuis 1800 (1915).

Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)

Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)

La première allusion aux frères J.-H. Rosny se trouve dans le chapitre sur "Le merveilleux dans le roman historique". L'auteur y définit les limites de ses recherches :

Certains ouvrages "sortent de notre cadre, soit que le recul dans le temps soit insuffisant, soit qu'au contraire il soit trop grand. C'est le cas [...] pour l'ensemble du roman préhistorique. Chez J.-H. Rosny, d'Eyrimah (1895), roman des temps lacustres, à Vamireh (1892), roman des temps primitifs, et à la Guerre du Feu (1911), le rôle du merveilleux décroît progressivement à mesure que nous nous enfonçons dans ces époques reculées où n'ont pas encore apparu les religions et les croyances, où seules peuvent s'indiquer les émotions générales, leurs sources profondes."

A ce sujet, lire : M. B. "Les Romans préhistoriques" (1909).

Hubert Mattey cite ensuite "le volume de J.-H. Rosny : les Xipéhuz et le Cataclysme (1887)". La première édition de "Le Cataclysme" se trouve en fait dans La Revue indépendante du 16 février 1888. Il s'agit de la nouvelle "Tornadres" qui changera de titre par la suite.

Il poursuit en indiquant que :

"Ces dix dernières années, depuis 1905, se produit une dernière floraison, comprenant les oeuvres récentes de Rosny et celles d'une pléiade de jeunes : Maurice Renard, Jules Hoche, Derennes, Gaston Banville."

"Les Histoires insolites (1888) de Villiers de l'Isle Adam contiennent une nouvelle intitulée l'Etna chez soi, qui nous peint l'anarchie triomphant par l'emploi de flèches-bombes d'une puissance irrésistible. Enfin, dans un ordre d'idées semblables, J.-H. Rosny fonde sa tragique Bataille (1912), sur la dissociation à distance des poudres au moyen de radiations nouvelles. Le récit est très dramatique, surtout la scène où l'état-major d'une armée s'aperçoit, au moment de livrer bataille, que les troupes sont absolument désarmées, et n'ont le choix qu'entre la fuite et la reddition."

"J.-H. Rosny, dans son Cataclysme [...] nous décrit les effets physiques et mentaux produits par une haute tension magnétique, et crée aussi un milieu spécial pour les derniers survivants de l'humanité, dont la Mort de la Terre (1912) nous retrace l'émouvante agonie."

Dans "Les créateurs d'êtres inédits", il ajoute que :

"Quelques auteurs ont franchi ce seuil redoutable, et nous ont suggéré des horizons insoupçonnés [...] La hardiesse de leur tentative indique des esprits d'élite : ils ont nom Maupassant, Villiers de l'Isle Adam et J.-H. Rosny, et il faut leur adjoindre un disciple de ce dernier, Maurice Renard, pour quelques pages de son Péril bleu publié en 1910. Encore, pour être strict, faut-il reconnaître que seul J.-H. Rosny a posé et abordé de front et en pleine conscience du but proposé le problème que Maupassant et Villiers de l'Isle-Adam n'ont fait qu'effleurer."

Viennent ensuite une dizaine de pages sur J.-H. Rosny aîné :

Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)
Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)
Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)
Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)
Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)Hubert Mattey "Essai sur le merveilleux dans la littérature Française depuis 1800" (Payot - 1915)

Plus loin, Hubert Mattey évoque :

"Le merveilleux-scientifique et son rapport avec les sciences physiques et naturelles, les emprunts que les auteurs leur ont faits ont été conditionnés par l'état contemporain des sciences, par les découvertes effectuées ou pressenties. Pendant tout le XIXe siècle, c'est à la fée Electricité qu'ils ont tous eu recours pour obtenir leurs effets merveilleux, aussi bien Rosny et Villiers de l'Isle-Adam que Jules Verne. Ce n'est que plus tard qu'on s'est inspiré des forces radio-actives, et le parallélisme qui existe entre les recherches du Dr Alexis Carrel sur la greffe des tissus et le Docteur Lerne, de Maurice Renard aura sans doute paru significatif au lecteur."

"Tous les auteurs français qui ont illustré le genre dans le dernier tiers du XIXe siècle, les Villiers de l'Isle-Adam, les Rosny et les Maupassant ont repris la méthode de composition de Poe, et se montrent par là ses disciples, aussi bien que Stevenson et que Wells."

A ce sujet, lire : Léon Lemonnier "Edgar Poe et les conteurs français" (1947). Pour mémoire, les frères J.-H. Rosny ont traduit "Le Scarabée d'or" d'Edgar A. Poe en 1892.

"Des auteurs étrangers s'inspirent parfois d'oeuvres françaises. Hoffmann, par exemple, a repris à Cazotte son idée d'un homme amoureux d'une diablesse. Et tout récemment les ressemblances extraordinaires entre le début de la Force mystérieuse, de Rosny, et The Poison Belt, de Conan Doyle, ont causé un débat qui aboutit à prouver que, selon toute vraisemblance, l'auteur anglais a « emprunté » au conteur français un sujet trop neuf et trop particulier pour qu'on puisse croire à une simple coïncidence."

A ce sujet lire le DOSSIER : J.-H. Rosny aîné et Sir Arthur Conan Doyle.

"Malgré le prestige exercé par les oeuvres étrangères sur les écrivains français, on peut dire que leur originalité subsiste, et que, chez les plus grands du moins, la part d'emprunt est moindre que l'apport personnel. Nodier, Balzac et Mérimée dans la période du fantastique romantique, Flaubert et Leconte de Lisle dans la résurrection du merveilleux historique et panthéistique, Maupassant, Villiers de l'Isle-Adam et Rosny dans la période récente ne peuvent être sans injustice considérés comme de simples imitateurs. Ils ont donné à leurs oeuvres chacun son empreinte personnelle et indélébile [...] Antérieurs à Wells, ces trois auteurs n'ont pu subir son influence. Le succès des romans de Wells a peut-être contribué à ramener J.-H. Rosny au merveilleux-scientifique, mais sans agir sur sa manière originale."

A ce sujet, lire : Michel Arnauld "Rosny et Wells" (1912).

L'ouvrage se termine sur un "Tableau chronologique des romans, nouvelles et contes se rattachant au merveilleux", suivi d'une bibliographie.

A lire aussi :

Camille Mauclair "La question morale dans le Roman" (1902)

Jean Morel "J.-H. Rosny aîné et le Merveilleux Scientifique" (1926)

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