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J.-H. Rosny

Emile Condroyer "L'Epiphanie chez les Atlantéens" (1927)

28 Décembre 2014, 12:56pm

Publié par Fabrice Mundzik

"L'Épiphanie chez les Atlantéens", d'Emile Condroyer, fut publié dans Le Journal du 7 janvier 1927.

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L'Épiphanie chez les Atlantéens

Épiphanie... Épiphanie. Rois mages, visions à la Jordaëns, souvenirs de naïves images... on a mangé, hier, la galette de pâte feuilletée ; on a crié quand un convive a senti un bonhomme de porcelaine crisser sous sa dent. Et puis on a parlé d'autres choses, car les traditions se perdent ou tout au moins leur sens.

Mais les Atlantéens ne l'entendent point de cette oreille. Je veux parler des membres de cette Société d'études atlantéennes qui, née depuis peu, s'est développée avec une rapidité singulière. Les Atlantéens ont inscrit à leur programme la restauration des anciennes traditions, car un pays n'est vraiment vivant que s'il se rattache aux traditions antiques et surtout s'il en comprend le sens profond.

En sorte que les Atlantéens ont fêté l'Épiphanie en se réunissant hier soir, rue de Condé. Il y avait là une cinquantaine de littérateurs, d'hommes de science, d'artistes, notamment le sculpteur Landowski, le romancier Rosny aîné, le peintre Chabas.

La galette était de taille. On l'a coupée, on l'a mangée. Elle ne contenait qu'une fève, mais une véritable fève. Et sur sa croûte dorée, trois lignes étaient tracées en forme d'étoile de mer. Ce signe c'est celui que l'on aperçoit sur la boule que le Janus du portail royal de la cathédrale de Chartres tient dans sa main gauche ; c'est celui que l'on remarque à la gauche de Cybèle, sur la stèle d'Ouchak, qui est au Louvre ; c'était un des signes du Christ pour les chrétiens des catacombes ; c'est encore celui que l'on voit sur une lampe de pierre trouvée récemment dans les fouilles de Glozel.

C'est le signe sous lequel doit se trouver « la connaissance» que symbolise la fève. Cette connaissance est autre chose que !a science ; elle est synthèse, alors que la science est analyse ; elle est du domaine spirituel, alors que la science ne connaît que la matière. La présence de ce signe sur des vestiges de diverses civilisations prouve, pour les Atlantéens, qu'il reliait les traditions anciennes aux traditions récentes. Pour eux encore, c'est l'étoile qui guida les rois mages vers Bethléem, parce qu'elle leur révélait que, d'un être vierge, était né celui qui posséderait cette connaissance qu'eux possédaient aussi, comme l'avaient possédée à l'aurore du monde les Atlantes.

En cela d'ailleurs, les Atlantéens partagent les idées de Pythagore, pour qui trouver une fève symbolisait la découverte d'un secret qui rendait son détenteur « roi », dans un domaine spirituel. Cette conviction lui coûta d'ailleurs la vie car, poursuivi par des soldats, il préféra se laisser arrêter et périr plutôt que fuir en traversant un champ de fèves qui se trouvait sur son chemin.

C'est ainsi que M. Paul Le Cour exposa le sens profond de l'Épiphanie, ce sens qu'il faut transmettre avec tant d'autres, aux hommes, car « croire à une tradition primitive venue de l'Atlantide, qui aurait donné naissance aux floraisons les plus merveilleuses de l'esprit humain, est une grandiose hypothèse et tenter de la retrouver et de la redonner aux hommes est le but le plus noble » que les Atlantéens de 1927 poursuivent avec un lumineux enthousiasme.

E. Condroyer.

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