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J.-H. Rosny

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

13 Avril 2013, 10:19am

Publié par Fabrice Mundzik

"Les Autres vies et les autres mondes" est un recueil, signé J.-H. Rosny aîné, publié par les éditions G. Crès et Cie en 1924. Il porte le n°113 de la collection Les Maîtres du Livre.

Sommaire :

  1. Notes sur J.-H. Rosny aîné
  2. Les Xipéhuz
  3. Avertissement
  4. La Mort de la Terre
  5. Avertissement
  6. La Force mystérieuse [2]

 

L'avertissement qui précède "La Mort de la Terre" est identique à celui publié dans "La Mort de la Terre, roman, suivi de contes" (Plon - 1912).

De même pour "La Force mystérieuse" qui est précédé du même avertissement que dans l'édition Plon de 1914, auquel s'ajoute la note suivante :

"Les Xipéhuz, La Mort de la Terre, sont publiés intégralement dans ce volume — mais nous ne donnons qu'une partie, d'ailleurs cohérente, de La Force Mystérieuse. J.-H. R."

Cette version abrégée par l'auteur est référencée, dans la bibliographie, sous le titre "La Force mystérieuse" [2] pour bien la différencier du texte intégral. Lire à ce sujet : "Un choix discutable" in Quinzinzinzili n°18 (2012).

Cette édition est "décorée de compositions originales par Maurice de Becque. Portrait de l'auteur gravé sur bois par P. Baudier". L'ouvrage présenté est un des exemplaires numérotés imprimés sur papier vergé des Manufactures de Rives. L'achevé d'imprimer indique le 10 mai 1924.

Les "Notes sur J.-H. Rosny aîné" sont signées "Les éditeurs", mais une note précise que ce livre "a été établi par Ad. van Bever" :

 

NOTES SUR J.-H. ROSNY AÎNÉ

La multiplicité et la variété de l'œuvre de J.-H. Rosny aîné ont déjà, à maintes reprises, sollicité les  commentateurs et les biographes. Il n'est que de cueillir parmi l'ample floraison de la critique contemporaine pour démêler quelle place importante le fécond écrivain tient aujourd'hui dans les lettres françaises. C'est que, chez J.-H. Rosny aîné, et par l'effet d'une rare fortune, l'homme n'offre pas moins d'intérêt que l'œuvre. Un peintre comme Albert Besnard, un critique comme Firmin Roz ont su reconnaître cette double face d'un talent pleinement original, et il n'est pas inutile, croyons-nous, de recourir à leur opinion pour éclairer une aussi curieuse figure.

« Je ne connais pas au physique, dit le peintre Albert Besnard, d'homme plus intéressant à observer que J.-H. Rosny aîné. Ce fut chez notre ami commun, Frantz-Jourdain, que je le rencontrai, il y a vingt ans. Mais c'est à un dîner mensuel, le Bon Cosaque, tombé en désuétude comme tant d'autres, où l'ennui prend peu à peu la place des convives, que je fis réellement la connaissance de cet homme original et étrange qui parlait comme, on prononce des sentences et dont les idées, émises de cette façon, provoquaient toujours quelque tumulte parmi les dîneurs.

« Je le vois toujours avec ce visage pâle dont les cheveux et la barbe se disputaient le masque, seule partie visible de son personnage que pût évoquer la lueur des bougies. Tout le reste, barbe, cheveux, habits, s'allait perdre dans l'ombre de la pièce. Il ressemblait assez ainsi à ces têtes que Vallotton dessine en deux plans : lumière et ombre, black and white. »

Après l'homme, voilà l'écrivain :

« Chez J.-H. Rosny aîné, a écrit Firmin Roz, l'art enfonce ses racines au cœur même de la réalité et y puise sa sève. Voilà le vrai « réalisme », sincère et fort, qui ne sépare pas le physique du moral, prend nos sentiments à leur source, nos passions dans leurs origines et tire de la vérité même une poésie spontanée, naturelle, qui s'épanouit comme fleurit la plante. Un pareil exemple nous apprend combien sont artificiels les systèmes et les écoles. Naturalisme, idéalisme, tout ce que ces termes désignent, quand on ne les force pas pour les besoins des théories et des programmes, est enveloppé, fondu dans l'art d'un Rosny, assez vaste et assez souple pour saisir et représenter la nature et l'esprit, la grande harmonie complexe où s'accordent les réalités des trois règnes et cette vie de l'âme en qui tout s'exprime et s'achève. Trouvons-nous aujourd'hui chez un autre écrivain français ce sens cosmique auquel les romans de J.-H. Rosny doivent une sorte de majesté, une incomparable variété et une résonance rare ?

« Ils lui doivent aussi d'embrasser le plus vaste champ qu'ait jamais couvert la production d'un romancier : non seulement, le monde d'aujourd'hui avec sa lutte des classes, ses problèmes sociaux et moraux (Le Bilatéral, Daniel Valgraive, L'impérieuse Bonté, La Vague Rouge, Dans les Rues), mais encore le plus lointain passé, celui des temps préhistoriques et de l'humanité primitive (Vamireh, La Guerre du Feu, Le Félin géant) et les âges merveilleux que notre imagination, appuyée sur les sciences, peut concevoir aux extrémités de l'avenir (La Mort de la Terre). Et je ne parle pas des récits qui occupent les intervalles : Amour étrusque, La Juive, Les Femmes de Setné. Quelle ampleur de vision, quelle érudition précise, quelle puissance d'évocation et d'expression ! Au-dessus du roman psychologique, qui se limite le plus souvent à l'individu, et du roman social, qui s'attache à un groupe de la société, au-dessus même du roman de la race, qui s'élargit jusqu'à la mesure de quelques groupes humains, J.-H. Rosny, embrassant toutes ces formes et les dépassant, égale sa puissance à celle de la nature et s'attache à traduire tout ce quelle a produit.

« Il le fait sans effort, par une sorte de don prodigieux qui lui permet de porter allègrement ses richesses d'observation, de psychologie, d'histoire et de science, égayées d'humour, assaisonnées de bonhomie narquoise, soulevées d'un souffle égal et puissant de poésie, aérées par une brise qui exhale parfois la douceur shakespearienne... »

L'ouvrage que nous présentons aujourd'hui au public nous paraît un de ceux pour lesquels J.-H. Rosny aîné n'a pas encore trouvé de rivaux. Les autres vies et les autres mondes appartiennent à la veine qui a valu à son auteur les succès les plus mérités, et qui constitue, à n'en pas douter, son plus sûr titre auprès des générations à venir.

Tant pour les récits merveilleux que pour le roman préhistorique, J.-H.. Rosny aîné précède d'une dizaine d'années les Wells, les Rudyard Kipling et autres. Il ne se contente pas au reste de les précéder. Il se différencie d'eux et il les dépasse par un point fondamental. Tandis que les autres romanciers conservent toujours à leurs personnages une organisation humaine, une apparence qui se rapproche plus ou moins des formes animales connues, J.-H. Rosny aîné imagine des êtres absolument opposés aux conceptions que notre univers nous fournit sur les créatures vivantes. Dans ce livre par exemple, Les Xipéhuz, ces individualités mystérieuses ne rappellent ni des hommes, ni des animaux, ni des plantes, ni des fantômes. Ce ne sont pas des structures disparates comme les taureaux à têtes d'homme, ou les hommes à tête d'épervier, comme les dieux orientaux aux bras ou aux tête multiples, comme les centaures, comme le Sphinx et la Chimère, comme les démons de nos cathédrales, comme les Martiens de Wells. Dans la Mort de la Terre, le récit qui fait suite aux Xipéhuz, les ferromagnétaux sont également des êtres qui débordent les limites imparties à l'imagination humaine. Ce sont des vies qui ne ressemblent à aucune autre vie.

Dans ce domaine des fictions originales qui est le sien par excellence, J.-H. Rosny aîné se sent à l'aise et ne craint pas les imitateurs. Il méritait donc, avons-nous pensé, de trouver sa place dans la collection des Maîtres du Livre.

LES ÉDITEURS.

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

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J.-H. Rosny aîné "Les Autres vies et les autres mondes" (Crès - 1924)

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