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J.-H. Rosny

J.-H. Rosny Jeune "Le Destin de Marin Lafaille" (Albin Michel - 1945)

5 Avril 2013, 10:15am

Publié par Fabrice Mundzik

"Le Destin de Marin Lafaille" de J.-H. Rosny Jeune fut publié par Albin Michel en 1945. Aucune réédition depuis...

Dans l'entrée consacrée à J.-H. Rosny Jeune, Pierre Versins indique dans son "Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction" :

"Mais le plus important est sans doute Le destin de Marin Lafaille (1945), qui constitue le roman de science fiction raté par ROSNY Aîné avec Les Compagnons de l'Univers. Nous en parlons à notre article Mathématiques, auquel nous renvoyons."

Dans l'article sur les "Mathématiques", il développe :

"Après cela on ose à peine mentionner ce qui est  pourtant, à notre connaissance, le seul roman de science fiction, tel que l'avait raté ROSNY Aîné avec Les Compagnons de l'Univers en 1934. Il s'agit du roman de son frère J.-H. ROSNY Jeune, Le destin de Marin Lafaille (1945) où l'on assiste à l'éclosion, à la vie d'un savant, un mathématicien qui résout le théorème de Fermat, et dont la dernière partie surtout est un vrai feu d'artifice d'idées.

Notons tout de même ceci : « Rien de ce qu'un savant découvre ne lui est extérieur. Le régime de la découverte, comme le régime de l'organisation existent depuis l'amibe ; et vont se développant jusqu'à l'homme... La formation des êtres, l'évolution des êtres n'est qu'une longue découverte, une longue intégration de découvertes. J'oserais dire que ce n'est pas le savant qui découvre le fait de Claude Bernard ; c'est le fait qui vient trouver le savant. Je le vois, ce savant, se promener devant les phénomènes, s'arrêter devant l'un d'entre eux et lui dire : « Je te reconnais, tu es en moi depuis longtemps ; tu as passé, pour t'établir en moi, du réel au virtuel, tu vas passer pour t'établir dans le monde, du virtuel au réel. »

Et nous ajouterons : « II y a une réalité plus subtile qui fait la vie des êtres mathématiques, et qui est autre chose que la logique. »."

Pour ma part, je rajoute quelques détails qui méritent d'être soulignés :

  • Ce n'est pas la première fois que J.-H. Rosny Jeune met en scène un mathématicien, c'était déjà le cas dans "La Petite Nielle" par exemple.
  • "C'était à la fin de mai, dans un petit appartement de la rue d'Alésia..." : son frère, J.-H. Rosny aîné, a longuement habité rue d'Alésia (citée une dizaine de fois dans ce roman). On retrouve aussi ce genre d'allusion dans "Sous le signe de la beauté".
  • On retrouve les auteurs qu'affectionnait Séraphin-Justin : Stendhal (un paragraphe de "Le Rouge et le Noir" est cité), Hugo, Lamartine, Musset, Goethe, Gautier, Chateaubriand, Sand, Erckmann-Chatrian, Flaubert, les Goncourt, Zola, Daudet, Schopenhauer, Villon, Mallarmé, Verlaine, Gérard de Nerval... la liste est longue (1).
  • En plus de la sempiternelle allusion à Balzac, on retrouve aussi E.A. Poe ("Ni cigarette, ni spiritueux... C'est Edgar Poe qui m'en a dégouté..." ) qui est régulièrement cité dans ses romans.
  • Il ajoute à cette liste les hommes de science de son époque : Langevin, Perrin, Poincaré ("Mon Maître, Henri Poincaré, m'a souvent affirmé que la moitié du temps d'un mathématicien relève de l'inconscience".) que son frère connaissait bien.
  • J.-H. Rosny Jeune fait aussi rapidement allusion à "Les Chaperons blancs", titre d'un roman qu'il a publié en 1928.

Quelques citations :

  • "Le monde de la logique, de la raison serait le monde de l'ennui, de la mort, du néant. Vivre, c'est parcourir la complication universelle. Supprimez la complication, vous supprimez la vie."
  • Le consensus "représente l'évolution. J'entends bien le gros oeuvre de l'évolution. Perfectionner dans le vide, c'est la philosophie, la morale courante. L'évolution fait mieux : elle nous fournit un bloc à sculpter."
  • "Je suis un fanatique du Robinson Suisse. J'y ai ajouté l'Île Mystérieuse, à cause de mon penchant scientifique...". J.-H. Rosny Jeune cite aussi les Robinson suisse dans d'autres romans.
  • "Nous avons mieux que l'immortalité, nous avons la chaîne des êtres, la réalité, la pérennité de l'existence."

 

(1) De son côté, J.-H. Rosny aîné adorait lister les étoiles et les constellations dans ses textes... à chacun sa marotte !

J.-H. Rosny Jeune "Le Destin de Marin Lafaille" (Albin Michel - 1945)J.-H. Rosny Jeune "Le Destin de Marin Lafaille" (Albin Michel - 1945)

J.-H. Rosny Jeune "Le Destin de Marin Lafaille" (Albin Michel - 1945)

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