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J.-H. Rosny

Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)

12 Mars 2013, 14:24pm

Publié par Fabrice Mundzik

Comment se faire plaisir et parler à la fois de J.-H. Rosny aîné, Jean-Michel Nicollet, Raymond de Rienzi et Théo Varlet dans un même article ?

C'est très simple, il suffit de se pencher sur "Les Formiciens", "le roman qui a eu la voix de J.-H. Rosny au prix Goncourt".

"Les Formiciens", roman de l'ère secondaire de Raymond de Rienzi, auteur dont nous avons déjà parlé à l'occasion d'un article sur "Ambor le Loup", fut publié en 1932 aux éditions SIC, avant d'être republié, la même année, par Tallandier.

Il a été réédité depuis par les Nouvelles Editions Oswald (1984), n°84 de la collection  Fantastique/Science-fiction/Aventures, avec, de nouveau, une très belle illustration de Jean-Michel Nicollet. Pour mémoire, J.-M. Nicollet a aussi (et entre autres) illustré "L'Enigme de Givreuse" de J.-H. Rosny aîné.

Une édition plus récente est parue chez EONS en 2007, avec une illustration de YOZ.

Voici la présentation de l'édition NéO :

"Les Formiciens, c'est d'abord un roman épique, une heroïc fantasy dans toute l'acception du terme. Le héros, sorte de mercenaire au service d'une nation, deviendra plus tard le chef d'une race nouvelle après avoir surmonté de nombreuses épreuves. Les Formiciens, c'est ensuite un roman sociologique insolite qui nous décrit diverses formes de communautés, des urbanismes singuliers, des organisations multiples. Les Formiciens, c'est encore le thème des civilisations perdues, oubliées ou imaginaires, mais bien loin des habituels retours à l'Atlantide ou au continent Mu, considérablement plus avant dans le temps et donc, pour cette raison aussi, plus inattendu. Les Formiciens, c'est enfin une réflexion scientifique inspirée par un petit objet que le ressac du temps a déposé dans le coin obscur d'un musée et qui débouche sur un panorama que les frères Rosny auraient sans doute fait leur s'ils avaient osé prolonger plus avant leurs voyages aux âges farouches.

En tout cas, non seulement Raymond de Rienzi a effectué la vertigineuse plongée dans l'abîme du temps jusqu'à l'ère des grands reptiles mais, surtout, il en a profité pour mettre à mal notre bel anthropocentrisme en choisissant pour protagonistes des créatures non humaines, non humanoïdes et, pourtant, résolument et indéniablement terriennes."

Entre J.-H. Rosny aîné, Jean-Michel Nicollet, Raymond de Rienzi, le lien est maintenant établi. Reste Théo Varlet... Que vient-il faire dans cette histoire ?

Théo Varlet a tout simplement chroniqué "Les Formiciens" dans la rubrique Romans et Traductions de L'Esprit Français n°83 du 10 juin 1933. Critique dans laquelle il cite J.-H. Rosny aîné :

"Avec Les Formiciens, de M. Raymond de Rienzi, nous passons du XXe siècle à la période secondaire : cent millions d'années avant l'apparition de l'homme. Les Dinosauriens imposent au monde leur force matérielle ; les Insectes tentent le règne de l'Intelligence. Pour M. de Rienzi, les Formiciens furent les grands ancêtres intelligents des fourmis actuelles (et le beau livre de Maeterlink nous a montré dans celles-ci les êtres les plus étonnants qu'il y ait sur la terre).

Un jeune héros formicien, Hind le Nomade, sorte de lointain précurseur des Tamerlan et des Attila, parcourt la jeune terre, à la tête du peuple incalculable de ses fils. De grandes aventures l'attendent, parmi les savanes, les conifères géants et les fougères arborescentes. Il doit, pour défendre son extraordinaire civilisation, entrer en lutte avec les monstres démesurés qui peuplent alors les continents. II naît de cette lutte des épisodes dramatiques, et parfois grandioses.

Ce roman imprégné d'une science scrupuleuse, M. de Rienzi l'a rendu passionnant comme le plus vivant des romans d'aventures. Iï réussit à nous intéresser à ses héros formiciens comme à des frères de notre vie humaine, tout en les maintenant sur leur plan d'insectes. Il y a là une magnifique humanisation, non pas à la La Fontaine, ni à la Kipling, mais à la Rosny, dans le resplendissement de la pure poésie scientifique.

En vérité, les grandes émotions que nous faisaient éprouver les romans préhistoriques du maître admiré J. H. Rosny aîné, je les ai retrouvées à la lecture des Formiciens. Et Rosny aîné lui-même a dû aimer beaucoup ce roman, puisqu'il a voté pour lui au Goncourt 1932."

La boucle est bouclée. Joie !

Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)
Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)

Raymond de Rienzi "Les Formiciens" (1932)

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