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J.-H. Rosny

J.-H. Rosny Jeune "Le Soupçon" (Nouvelle Revue Critique - 1927)

29 Avril 2013, 20:02pm

Publié par Fabrice Mundzik

Dans le dossier "Rosny aîné & les autres formes", publié dans Otrante n° 19-20, Arnaud Huftier constate que, dans "Approche critique et bibliographique des frères Rosny" de Gérard A. Jaeger, "une entrée, fort bien renseignée par ailleurs, était consacrée aux recueils de nouvelles des Rosny. Mais il y manque Le Vertige d'Anaïs, qui apparaît dans l'entrée réservée aux romans (Jaeger commet d'ailleurs la même erreur pour le recueil Les Audacieux, lui aussi placé dans la catégorie roman) ! A la décharge de Jaeger, il faut dire que la présentation de l'ouvrage prête à la confusion : aucun sommaire n 'est proposé, aucune indication ne figure sur la couverture, et le recueil s'ouvre par la nouvelle « Le Vertige d'Anaïs », le titre courant ne reprenant ensuite que cette indication".

Publicité parue dans la presse en mai 1927.

Une remarque parfaitement adaptée à "Le Soupçon" de J.-H. Rosny Jeune. Répertorié sous l'étiquette "Roman", cet ouvrage publié en avril 1927 par les éditions Nouvelle Revue Critique, dans la collection Les Grands conteurs français, est en réalité un recueil qui contient :

  1. L'Amour circulaire
  2. Le Drame de la ferme d’Orvey
  3. L'Epouse
  4. L'Epreuve
  5. L'Equivoque
  6. Une Histoire romantique
  7. L'Illusion
  8. Le Mystérieux sachet
  9. Le Piège
  10. Retour à la terre
  11. Ruse d'Amour
  12. Le Soupçon
  13. Le Souper de Noël
  14. Voyage de Mlle Natson

Au fil de ses textes, J.-H. Rosny Jeune glisse sa série habituelle d'allusions littéraires : Mme de Staël, Tolstoï, Molière, Descartes, Ronsard, Musset...

Il évoque aussi les estampes d'Outamaro ou de Hokusaï, véritable clin d'oeil à Edmond de Goncourt dont il a postfacé la réédition de "Outamaro : Le Peintre Des Maisons Vertes - L'art Japonais Au XVIIIe Siecle" en 1924. La même allusion se retrouve dans son autre roman "Les Plaisirs passionnés" (Editions de France - 1933).

Un court extrait de "Ruse d'Amour" (passage qui n'a rien à envier à J.-H. Rosny aîné) :

"Je ne verrai plus sans doute de soir semblable à celui-là. Une lumière orange remplissait la vallée et, quoique le soleil fut couché, elle persista longtemps sur les collines, les prairies, les rivières, comme si elle eut émané de ces choses, spectre d'un soleil disparu, dernière trace vibrante du père de la vie.

Est-ce que nous savons les accords de l'âme avec la nature ? J'eus l'impression ardente, fausse sans doute, niais invincible, que ce soir, parmi les millions de soirs que l'homme a connus et connaîtra, était un soir à moi, qu'il se trouvait correspondre aux fibres les plus secrètes de mon être et que cet être, dilaté et répandu en lui, participait ainsi des grands secrets du monde, avait un pouvoir mystérieux d'action, qu'il n'aurait qu'à ce moment.

Les sceptiques absolus diront que j'eus tort et rejetteront sur des sens hallucinés, sur un fanatisme scientifique, la pénétration soudaine et la volonté dont je fis preuve alors. Je persiste dans ma croyance."

Dans "L'Illusion", J.-H. Rosny Jeune affirme que "Hélène de Béléneuse, plus blonde et plus belle que la femme de Ménélas, avait, comme celle-ci, le goût de l'extraordinaire". En 1924, son frère aîné publiait "Les Confidences de Ménélas" dans son recueil "L'Assassin surnaturel".

J.-H. Rosny Jeune "Le Soupçon" (Nouvelle Revue Critique - 1927)J.-H. Rosny Jeune "Le Soupçon" (Nouvelle Revue Critique - 1927)J.-H. Rosny Jeune "Le Soupçon" (Nouvelle Revue Critique - 1927)

J.-H. Rosny Jeune "Le Soupçon" (Nouvelle Revue Critique - 1927)

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