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J.-H. Rosny

J.-H. Rosny Jeune "L'Ile des fleurs" (Ferenczi - 1932)

12 Avril 2013, 12:27pm

Publié par Fabrice Mundzik

"L'Ile des fleurs" est une roman signé J.-H. Rosny Jeune et publié par les éditions Ferenczi en mai 1932. L'édition présentée porte la mention de 20e Mille.

L’île des fleurs est l’île de Bréhat où a séjourné plusieurs fois J.-H. Rosny Jeune. Il y a, sans aucun doute possible, des éléments autobiographiques dans ce roman :

"Ne rencontrant âme qui vive, et les routes s'ajoutant aux routes, il lui arriva de tourner en rond, de se retrouver à son point de départ. Pour s'orienter, il gravit un talus, chercha un repère. Il en découvrit deux : la tour pointue de Ploubazlanec, qu'il connaissait depuis longtemps, parce qu'elle sert de marque aux navigateurs, et le petit clocher à jour de Lannevez, à travers lequel on aperçoit le ciel par deux arcades, tandis que la troisième abrite une clochette."

On retrouve les allusions habituelles au monde littéraire :

"Les mauvaises langues, les femmes à café du pays, en parlèrent entre elles longuement, et racontèrent bien des choses aussi parfaitement apocryphes que l'histoire de Barbe-bleue ou de Peau-d'âne..."

Shakespeare est cité indirectement, au travers d'une allusion à Macbeth, Bernardin de Saint-Pierre, Pierre Loti, Paul Bourget, Flaubert, Mérimée (etc...), ainsi que E.A. Poe :

"Une sorte de père ou plutôt, croyait-il, de frère aîné pour cette charmante fille ; en tout cas, un simple ami, un contemplateur de la grâce, de la beauté ; mais comme aurait pu dire le corbeau d'Edgar Poe « rien de plus».".

Un passage mérite d'être cité intégralement, tant il rappelle "Le Mage rustique" de J.-H. Rosny aîné :

"Pour la sorcière ou le sorcier, le rite est mieux fixé... On a besoin d'elle ou de lui. Ils sont souvent jeteurs de sorts en même temps que médecins, surtout rebouteux. L'enfant a-t-il une pneumonie, le docteur ordonne des cataplasmes à la moutarde, des enveloppements d'eau, des bains sinapisés, des ventouses. Tout cela n'est rien aux yeux des parents et des voisins accourus.

On va chercher la guérisseuse... Elle vient. Elle prononce des paroles confuses et profondes : l'enfant a « un côté enfoncé ». C'est grave. Elle tentera cependant le sauvetage. On la laissera seule avec le malade, et elle fera le nécessaire. Lice où elle combat ! Elle en sort en disant qu'elle est éreintée. que c'est très fatigant pour elle ; qu'il y a eu une lutte acharnée ; qu'elle a fait tout ce qu'elle a pu ; qu'elle ne peut davantage.

Rentrée chez elle, elle attendra le résultat. Si l'enfant vit, aucun bain, aucune révulsion, aucune lotion, aucun remède ne l'a sauvé. C'est elle seule qui a su reconnaître ce « côté enfoncé », rappeler la vie là où se manifestait déjà la mort. Si l'enfant meurt, le médecin a contrecarré la sorcière ; dans son ignorance, il a prêté son aide aux maléfices.

André, partageant l'existence de ces pauvres gens, les voit venir du fond des âges, aussi durs, aussi résistants que les pierres de leur terrain."

J.-H. Rosny Jeune "L'Ile des fleurs" (Ferenczi - 1932)J.-H. Rosny Jeune "L'Ile des fleurs" (Ferenczi - 1932)

J.-H. Rosny Jeune "L'Ile des fleurs" (Ferenczi - 1932)

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