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J.-H. Rosny

Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013)

25 Février 2013, 18:41pm

Publié par Fabrice Mundzik

Le colloque "Écrire en artistes, des Goncourt à Proust", sous la direction de Gabrielle Melison et Pierre-Jean Dufief, s'est tenu les 24 et 25 janvier 2013 à Nancy, ATILF.

Le jeudi 24 janvier 2013, salle Imbs, une intervention de Roberta de Felici était programmée :

  • 16h15-16h35 - Roberta de Felici (Università della Calabria) : "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue"

Description :

"Partant de l’idée que toute langue naturelle est un espace de projection pour l’imaginaire, je vais proposer, ici, d’analyser cette relation entre la langue et l’imaginaire chez Rosny aîné. Ce qui le caractérise davantage, c’est sa passion pour la science. En cela, il reflète pleinement l’esprit de son époque positiviste qui avait développé un tel culte de la connaissance scientifique que – au dire de George Renard - « la littérature pure n’a pas non plus échappé à cette féconde invasion de la science ». Doué, donc, d’une puissante « imagination scientifique », Rosny – on le sait – est l’auteur de romans « préhistoriques » (La Guerre du feu, son chef d’oeuvre) et de « science-fiction » (Les Xipéhuz, La Force mystérieuse, etc.).

Du reste, l’imagination scientifique concerne toute sa vaste et protéiforme production romanesque : on la retrouve à l’oeuvre à la fois dans ses romans « sociaux » (Le Bilatéral) et dans ses romans des « moeurs » (Nell Horn). Même si fortement dissemblables, tous ces genres romanesques permettent de cerner les centres d’intérêt que l’auteur y a développés : son intérêt pour les questions scientifiques, bien sûr, mais aussi ses préoccupations sociologiques (pauvreté, prostitution, criminalité, injustice, corruption). Par le truchement du personnage intellectuel, Rosny
aîné introduit ainsi, dans le texte fictionnel, plusieurs savoirs (philosophie, astrophysique, médecine, biologie …).

Cette stratégie narrative permet à l’écrivain d’y ventiler son savoir encyclopédique qui se révèle tout d’abord par sa compétence lexicale. Son langage est alors descriptif, technique et scientifique puisqu’il puise aux différentes disciplines de l’époque. Comme Goncourt et Huysmans, Rosny est attiré par le mot rare, insolite ou inconnu : d’ici, l’emploi non seulement de mots archaïques, exotiques, populaires et argotiques, mais aussi de mots néologiques, scientifiques et techniques. À bien y regarder, le choix d’un vocabulaire spécialisé et scientifique relève non seulement de l’esthétique naturaliste du « faire vrai », mais plutôt de l’intention de créer des effets inattendus et surprenants, propres au style artiste.

Mon propos sera alors d’étudier les procédés langagiers mise en place par Rosny ainé dans ses romans « du contemporain » à partir de cet « imaginaire scientifique » qui les pénètre et les caractérise. Pour ce faire, on terra compte d’un corpus assez large: en particulier, Nell Horn (1886), Le Bilatéral (1887), Daniel Valgraive (1891), L’Impérieuse Bonté (1894), Les Âmes perdues (1899) Sous le Fardeau (1906), Marthe Baraquin (1908), La Vague Rouge (1910), Dans les Rues (1913)."

Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013) : programme au format .PDF

Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013)Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013)Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013)

Conférence : Roberta de Felici "J.-H. Rosny aîné et l’imaginaire de la langue" (2013)

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