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J.-H. Rosny

Allusions : W. G. C. Byvanck "Un Hollandais à Paris en 1891" (Perrin - 1892)

25 Janvier 2014, 19:24pm

Publié par Fabrice Mundzik

Extrait de l'ouvrage de W. G. C. Byvanck, "Un Hollandais à Paris en 1891 : sensations de littérature et d’art" (Perrin - 1892), voici un dialogue entre Jean Richepin et Jules Renard :

« Il y a des hommes de grand talent, qui ne peuvent pas se faire à l'idée que leurs œuvres soient relativement impopulaires ; Rosny, par exemple. Celui-là n'a jamais pu comprendre pourquoi ses romans n'ont pas eu autant d'éditions que ceux d'Ohnet. Il a écrit expressément son roman à clef le Termite, parce qu'il croyait qu'en y introduisant des personnes vivantes il donnerait de l'actualité à ses livres et le peu de succès que le Termite a obtenu auprès du public ordinaire lui a causé une grande déception. »

— « C'est la façon embarrassée dont Rosny exprime sa pensée, qui lui barre la route du vrai succès, » dit Renard. « Il ne sait pas dire simplement et précisément ce qu'il veut. Pour moi, il y a une ligne très prononcée, qui sépare les esprits nets de ceux qui tâtonnent et qui ne sauront jamais trouver qu'un équivalent à peu près suffisant à leur pensée. Quiconque est né en-deçà de cette ligne ne parviendra jamais, quoi qu'il fasse, à vaincre la difficulté inhérente à son talent. Il est vraiment regrettable qu'à notre époque le nombre des auteurs qui sont nés du mauvais côté aille toujours en croissant. »

— « Il ne faut pas exagérer le cas de Rosny, » dit Richepin. « Il a fait certainement un progrès énorme, surtout dans ce sens-là, avec son dernier roman, Daniel Valgraive, et le livre me plaît de plus en plus.

« Il s'y trouve encore bien des passages qui, au premier abord, ne me semblent pas clairs. Mais en revanche j'y ai remarqué des choses, qui sont vraiment d'un artiste, et d'un grand artiste. Non, je crois que l'obscurité des phrases que l'on reproche à Rosny vient d'une tout autre cause. Rosny continue encore à s'instruire : il apprend toujours ; la science l'attire et il recueille partout de nouveaux matériaux. De là vient qu'une moitié de ses notions est mal digérée, tandis que l'autre moitié a pris sa forme définitive et mûrie. Il pense qu'on peut aller toujours en avant ; pour moi, au contraire, passé la trentaine, l'homme a sa provision d'idées complète ; il doit savoir marcher sur ses propres pieds et ne pas s'empêtrer aux lisières des manuels scientifiques, qu'on renouvelle tous les jours. C'est là le véritable moyen de faire entrer la confusion dans le cerveau le mieux équilibré.

« Y a-t-il donc encore tant de choses à apprendre ? Mais tout est déjà dit et trouvé, — je parle naturellement pour nous, littérateurs et romanciers. »

Autres personnalités évoquées :

Eugène Carrière, Auguste Rodin, Catulle Mendès, Georges de Porto-Riche, Alphonse Allais, Maurice Donnay, Aristide Bruant, Jean Moréas, Ernest Raynaud, Paul Verlaine, Léon Cahun, Jules Renard, Claude Monet, Stéphane Mallarmé, Jean Richepin, J.-H. Rosny, Maurice Barrès, Marcel Schwob, Jules Renard, Léon Cahun, Maurice Barrès, etc...

Préface d'Anatole France.

Allusions : W. G. C. Byvanck "Un Hollandais à Paris en 1891 : sensations de littérature et d’art" (Perrin - 1892)

Allusions : W. G. C. Byvanck "Un Hollandais à Paris en 1891 : sensations de littérature et d’art" (Perrin - 1892)

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